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[b28] Barchon - Invasion allemande 10 mai 1940 [3]
Transcription du carnet de campagne du colonel POURBAIX, commandant du fort au moment des événements.
Vendredi 10 mai 40 01:45 | Le brigadier DERKENNE, planton au central téléphonique, prévient le commandant POURBAIX: un officier est demandé au téléphone. \"Ici EM/RFL - alerte Alfred - territoire menacé - mettre les hommes à leurs postes de combat immédiatement\", c'est la guerre. | | Des cyclistes sont envoyés pour prévenir le personnel de rejoindre immédiatement le fort. Ceux qui peuvent être joints par téléphones sont avisés sur le champs. | | 04:15 | Appel téléphonique de Pontisse: \"Le fort d'Eben-Emael fourmille de fantassins allemands\" | | 04:30 | Ordre de 2 RFL: \"Feu sur Eben-Emael\". Les deux canons de 150 sont pointés dans cette direction mais les boîtes de charge ne s'ouvrent pas, les couvercle sont coincés. | | 04:55 | Feu sur Eben-Emael. |
| 06:30 | Ordre de 2 RFL: \"Feu continu sur Eben-Emael avec les deux coupoles de 150, cadence maximale\". | | 07:40 | Tir sur Hindel à la demande des troupes frontières. Le tir est bon, l'ennemi se retire sur Aubel. | | 09:45 | Les mitrailleuses contre avions ouvrent le feu sur un bi-moteur Dornier: l'avion s'écrase entre Housse et Rabosée. | | 10:00 | Les baraquements de temps de paix sont incendiés pour dégager le champs de tir. | | 13:00 | Les mitrailleuses contre avions ouvrent le feu sur un Messerschmidt 110. Moteurs arrêtés, l'appareil est en grande difficulté. | | 15:00 | Tir d'interdiction sur Hindel et sur la gare de chemin de fer de Montzen. | | 17:40 | A la demande du Fort d'Aubin-Neufchâteau, tir avec succès sur le bois de Loc, infesté d'Allemands, à Remersdael. | | 18:50 | A la demande du Fort d'Aubin-Neufchâteau, tir avec succès sur le carrefour des \"Trois Cheminée\". |
| 19:15 | Tirs des 2 coupoles de 150 sur la gare de cheminde fer de Montzen. | | 21:00 | C'est la relève par groupes. L'équipe A descend au cantonnement de Wandre. L'équipe B arrive au fort, c'est elle qui subira le siège car la relève ne sera plus possible. Les servants des coupoles de 150 ont été intoxiqués suite à une ventilation insuffisante. Le mouvement électrique de la coupole gauche de 150 ne fonctionne plus. |
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Samedi 11 mai 40 00:30 | Le Commandant est averti de sa nouvelle mission. L'infanterie d'intervale se replie derrière la Meuse, la garnison de réserve est évacuée vers Liers, Barchon sera un fort d'arrêt. | | 00:37 | Ordre de 2 RFL: Fouron-le-Comte plein d'Allemands, feu de toutes les grosses pièces. Le village est ravagé. |
| 05:25 | Ordre de 2 RFL: Nouveau tir sur Fouron-le-Comte. | | 06:04 | Observatoire 338 à Julémont: le village est plein d'Allemands. Le commandant ordonne aux observateurs de rejoindre l'armée de campagne et fait ouvri le feu sur Julémont. | | 07:00 | Le sergent Van Michel emmene une patruoille. Coupole droite de 150: panne de lumière et câble du monte-charges cassé. | | 08:00 | 60 coups de 150 sur Eben-Emael. | | 09:07 | Une colombe rentre au fort avec un message: colonne de cyclistes sur la route entre St-André et Mortroux. Feu pendant 15 minutes sur le carrefour des collisions à Mortroux. | | 10:10 | Canon de 75 coupole saillant 2 explose suite à une surchauffe. 4 Blessés. Monte-charges coupole droite de 150 cassé. Il ne pourra pas être réparé et les obus seront montés à la main. L'observatoire 337 de Neuve-Maison ne répond plus. | | 12:10 | Feu sur le carrefour des \"Trois Cheminées\" | | 12:40 |
Récupérateur coupole 75 saillant 2 droite brisé. Les spécialistes réparent. | | 13:00 | Batterie de mitrailleuses contre avions rentre au fort. Elle sera installée pour une partie dans le fossé de gorge et pour l'autre partie sur le massif. Mission harceller les avions à basse altitude. Un avion touché. Il doit se poser entre Housse et Trembleur. Deux mitrailleurs blessés. Observateur tué à Trembleur. | | 14:30 | Tir fusant sur Aubin-Neufchâteau. | | 16:50 | Tir sur Roclenge. | | 17:10 | Tir et destruction de la ferme Clossard. | | 18:04 | Le Génie belge fait sauter la belle fleur du charbonnage de Cheratte. Un observatoire en moins pour le fort de Barchon | | 19:00 | Les observateurs de la belle fleur rentrent au fort. | | 19:20 | Tir des 3 coupoles de 75 sur Trembleur. | | 19:27 | Le PO Leval signale que les Allemands sont dans le bois de Trembleur. |
| 19:30 | Par colombogramme: 200 à 300 Allemands près du tunel du vicinal à Dalhem. Tir des 2 coupoles de 105 sur cet endroit. | | 20:10 | Tir sur le charbonnage de Trembleur avec démolition du lavoir. | | 20:30 | Tir sur le hameau de la Supexhe. | | 22:35 | De faction à l'abri AC1, le brigadier Miessen est fortement brûlé au visage par une fusée. Le docteur Wiener est désigné pour se rendre à l'abri. | | Les citation à l'ordre du jour sont les suivantes: | | | - MDL Van Michel - Soldat Melen - Soldat Grandry - Soldat Vervier - MDL Defauwes |
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Dimanche 12 mai 40 00:15 | Un groupe d'une cinquantaine d'Allemands se trouve près du champ de rails du glacis. Tir par boîtes à balles de la coupole 75 saillant 2 droite. |
| 01:10 | Cinquante Allemands se trouvent sur la route longeant le fort. Tir par boîtes à balles. Nouvel incident à la coupole 75 du saillant 2 droite, l'obusier ne rentre plus en batterie. Les dépanneurs sont au travail. | | 02:45 | La présence ennemie est signalée aux environs immédiats du fort et un mouvement de troupes est observé dans le fond du Bacsay. Les Belges sont prêts à ouvrir le feu. | | 03:30 | On entend continuellement le bruit de fils de fer que l'on sectionne. Ceci amène le tir des coupoles de 75 et de la coupole des MI ainsi qu'un tir fusant du fort de Pontisse. Un soldat blessé est signalé: le soldat Gaillard (cuisinier). Il a été blessé à la cuisine par un éclat d'obus. | | 04:15 | Il y a un vaste mouvement de l'ennemi autour du fort. Les trois coupoles de 75 ainsi que les coupoles de MI sont prêtes à entrer en action. Les 2 coupoles de 105 sont pointées vers Housse et l'aide du fort d'Evegnée est demandée pour un tir sur le Bacsay. Le fort de Pontisse doit faucher entre le fort et Housse. |
| 04:20 | Feu de toutes les coupoles. | | 04:30 | Le poste d'observation BM3 ne répond plus. | | 05:35 | L'ennemi se replie, l'attaque a échoué. Cessez le feu aux artilleurs. | | 07:20 | Six volontaires se présentent pour former la nouvelle équipe des obserbvateurs de BM3: mdl Michaux, bgd Bonsang, sdt Thone, Loly, Francotte et Levaux. | | 07:35 | Envoi de patrouilles. | | 09:00 | Tir sur Riemst. | | 09:30 | Retour des patrouilles. Quelques faibles détachements ennemis sont dans la campagne. Les Allemands sont dans le clocher de l'Eglise de Barchon ert dans la ferme Rousseau. Une batterie de petit calibre est installée entre Barchon et Heuseux. | | 11:45 | Tir sur Roclenge et Wonck. | | 12:00 | Incident de lunette sur la coupole 105 droite. Les spécialistes sont sur place. | | 12:20 | Une forte troupe descend le thier de Troisfontaines. La coupole de 75 saillant III ouvre le feu. Des hommes tombent. |
| 13:40 | Appel du Fort d'Aubin-Neufchâteau demandant un tir sur charroi blindé au carrefour des Trois Cheminées. | | 14:47 | Le colonel Modart ordonne de réduire de moitié la consommation des munitions, leur ravitaillement étant impossible. | | 15:04 | Tir sur colonne blindée à la sortie de Warsage. | | 16:15 | Tir sur Zichen-Zussen-Bolder durant 30 minutes avec 2 coupole de 105. Tir sur le carrefour de Riemst pendant 30 minutes avec 2 coupoles de 150. | | 16:50 | Tirs de la coupole de 75 saillant I sur le fort de Pontisse. | | 17:45 | Tirs de 100 obus sur une batterie allemande qui tire sur Aubin-Neufchâteau. | | 18:00 | Tirs sur le carrefour de Roclenge avec une coupole de 150. | | 18:10 | Départ d'une patrouille sous les ordres du premier chef Danthine | | 19:30 | Retour de la patrouille, elle a pu localiser la batterie de gros calibre qui tire sur Pontisse.. Elle est installée à Lorette et le renseignement est transmis au fort de Pontisse. |
| 20:00 | AC1 signale un rassemblement de troupes allemandes à la ferme Monami près de Chertal. 60 coups des 3 coupoles de 75. AC1 signale que le but est atteint. | | 20:15 | AC1 signale un nouveau rassemblement de 300 hommes au même endroit. Nouveau tir, nouveau coup but. | | 20:35 | Tirs sur Vivegnis | | 21:00 | Tirs sur le carrefour des Quatre-Bras. Plusieurs Allemands y sont tués. | | 21:35 | Le mdl Michaux de l'abri AC1 est blessé par balle à la cuisse. Le docteur Dessart est envoyé sur place. Le brigadier Bonsang, atteint par un éclat d'obus à la tête est décédé à proximité de l'abri BM3. Le premier chef Danthine est cité à l'ordre du jour. |
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Lundi 13 mai 40 00:15 |
Bombardement assez intensif du fort. Le sous-officier du corps de garde de guerre signale que plusieurs coups sont tombés dans la rampe d'accès. | | 01:20 | Tirs des 2 coupoles de 75 sur des éléments ennemis se trouvant dans la campagne entre les sailants I et II. | | 02:15 | 40 obus de 105 sur le fort de Pontisse. | | 05:50 | Tirs des coupoles de 105 sur le carrefour de Haccourt. | | 06:03 | Tirs des 3 coupoles de 75 au nord du cimetière de Wérichet. | | 07:00 | Le bombardement du fort augmente en violence. | | 07:45 | L'Etat-Major communique qu'une avant-garde française est arrivée à Ans. | | 07:48 | Tirs sur la ferme du Temple où se trouven une batterie ennemie. | | 08:20 | Rentrée de la patrouille du mdl Van Michel signalant la présence des Allemands au château Van Zuylen. | | 08:45 | La patrouille Van Michel repart en mission. | | 09:45 | Le bombardement du fort est effectué à présent par des obus de tous calibres et ne cesse de croître en violence. |
| 10:30 | La couple de 75 du saillant II droite explose. Il y a quatre blessés: le mdl Kreutz, brûlé à la tête et aux mains, le bgd Fraikin, les soldats Ernotte et Reuter qui sont tous trois blessés et brûlés au visage et aux mains. L'accident est dû à l'explosion d'un obus dans l'âme du canon suite à une surchauffe du tube. Il est brisé en deux et gît sur le plancher de la coupole. | | 10:35 | Les tubes des autres canons sont rouges et le commandant ordonne d'arrêter les tirs. | | 10:40 | Lovinfosse, adjoint technique du génie rebouche, avec son équipe, la brèche faites dans la coupole par l'explosion avec du ciment à prise rapide. | | 11:08 | Tirs des 2 coupoles de 106 sur Fexhe-Slins. | | 11:14 | AC1 communique qu'une batterie lourde tirant sur le fort a pris position à l'est de la villa Aigret. | | 11:40 | Tirs des coupoles de 05 dans cette direction et la batterie est réduite au silence. | | 12:40 | Le pilonnage du fort continue. On estime qu'à cette heure, il est tombé un millier d'obus de gros et moyen calibre sur l'ouvrage. |
| 13:30 | Les obus pleuvent litéralement sur le fort. | | 14:10 | Des parchutistes allemands descendent sur Battice. Un tir fusant est effectué avec les 2 coupoles de 150. | | 15:17 | Tirs sur la citadelle de Liège avec les coupoles de 150. | | 16:00 | Tirs des 4 grosses coupoles sur une batterie ennemie située à proximité de la ferme Cromwez à Dalhem. | | 18:50 | Bombardement du fort par des obus de très gros calibre ce qui donne l'impression que le massif central se soulève hors du sol. | | 19:00 | Un obus de gros calibre tombe sur la coupole de 150 droite qui se bloque. Les spécialistes opèrent. | | 19:11 | Un obus de gros calibre tombe au saillant III à l'aplomb des locaux de détente qui s'effondrent en partie. Tous les locaux de détente sont évacués. | | 19:16 | Survient un appel de la tour d'air qui signale des mouvements de troupes près de l'abris BM3. Tirs des fusils-mitrailleurs de la tour d'air. | | 19:22 | Les tubes de 75 sont rouges. On arrête les tirs. |
| 19:48 | De gros obus tombent à proximité de la tour d'air. | | 20:15 | Le bombardement ne cesse toujours pas. Barchon demande d'Aubin-Neufchâteau de détruire une batterie lourde qui tire sur Barchon depuis les environs de Bolland-Julemont. | | 21:00 | Le bombardement continue avec une extrême violence. | | 22:00 | Pontisse signale une batterie ennemie près de Lorette. C'est la batterie de la ferme du Temple qui a repris ses tirs. Tirs des deux coupoles de 105 dans cette direction. | | 22:15 | Cette batterie est réduite au silence. |
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Mardi 14 mai 40 00:45 | Tirs sur une batterie à Haute Saive. | | 01:52 | Tirs sur un mouvement de troupes au carrefour Maréchal. | | 02:00 | Le bombardement a très fortement diminué. |
| 05:00 | Sortie de la patrouille Danthine. | | 05:30 | Rentrée de la patrouille Danthine. Elle signale qu'un mortier de 210 est installé dans le fond du Bacsay. Une demande est faite au fort d'évegnée en vue de détruire cet objectif. | | 06:30 | La patrouille Danthine sort à nouveau. | | 07:25 | Rentrée de la patrouille Danthine qui a découvert 3 batteries ennemies à Haute-Saive, à la ferme des Hospices et au hameau du Frumhy. | | 07:35 | Tirs du fort sur ces trois batteries qui sont réduites au silence. | | 10:10 | Le premier bombardement par avion commence. Tirs de Pontisse en fusant. | | 10:50 | Second bombardement par avion. | | 11:20 | Fin du bombardement. | | Le commandant Pourbais fait une inspection suite aux bombardements. Il inscrira ses commentaires dans son livre de campagne. \"Voici les effets du bombardement à l'intérieur du fort: en même temps que le fort semble soulevé du sol, l'homme, dans le fort, a l'impression que les viscères vont lui sortir du corps, dans le même mouvement vers le haut que celui du fort tout entier.
Pour certains de ces projectiles, nous avons constaté, spécialement par le galerie d'assèchement, des effets de souffle considérables. Un de ceux ci nous a jetés les uns contre les autres dans le bureau de tir. Le souffle a proprement enlevé une carte et toutes les punaises qui l'attachaient à une planche du bureau de tir.
A l'extérieur, il y a d'énormes entonnoirs sur la superstructure et les fossés ont changé d'aspect. Ce qui est infiniment plus grave, est dû au fait qu'une énorme bombe est tombée sur le glacis, près du mur de contrescarpe au saillant III. Elle s'est profondément enfoncée dans le sol et a pulvérisé environ une quinzaine de mètres du mur de contrescarpe, y créant une brèche énorme, une sorte de rampe d'accès.
Une grosse bombe est tombée contre le massif bétonné de la coupole 150 gauche y occasionnant des dégâts considérables. Les murs de la coupole portent une profonde fissure, à mi-hauteur, comme si la coupole avait été sectionnée transversalement. Il s'est produit un véritable décalage entre les deux blocs de béton séparés par la fissure. La pièce de 150 est fortement inclinée vers la gauche. Toute la pièce est calée et coincée. On ne pourra vraisemblablement pas la remettre en état.
Une autre bombe est tombée devant la coupole de 150 droite.
Une large fissure est visible à l'extérieur du massif central mais elle ne s'est pas prolongée jusqu'à l'intérieur de la coupole. Cette fissure sera colmatée par du ciment à prise rapide.
Pendant notre inspection du fort, nous trouvons une torpille non éclatée à l'entrée du débouché d'infanterie est et une moitié de grosse bombe dans le fossé de gorge. Nous mesurons le diamètre des grosses torpilles. Le poids de ces projectiilles est estimé à 1500 Kg. | | 13:25 | Tirs sur le pont de Haccourt. | | 13:27 | Tirs en fusant sur Pontisse bombardé par des avions. | | 14:30 | Nouveaux tirs sur Pontisse. | | 15:36 | Troisième bombardement par des avions en piqué. Pontisse et Evegnée tirent en fusant. | | 16:10 | Tirs sur l'aérodrome de Bierset où débarquent des troupes allemandes. | | 17:05 | Le fort est attaqué par l'infanterie allemande à l'arme automatique. | | 17:20 | Sortie de la patrouille Danthine. | | 18:15 | Rentrée de la patrouille Danthine. Les environs sont infestés d'Allemands. | | 18:27 | Tirs de toutes les coupoles restantes avec l'aide des forts d'Evegnée et de Pontisse. |
| 19:45 | L'ennemi est en retraite et laisse de nombreuses victimes sur le terrain. | | 20:35 | Tir sur deux heures contre un convoi à Withuis. |
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Mercredi 15 mai 40 02:00 | Le PO cuirassé signale plusieurs patrouilles ennemies autour du fort. Tir de la coupole mi/lg. | | 04:00 | Le PO cuirassé signale d'importants groupes allemands autour du fort. Tirs de la coupole mi/lg ainsi que par boîtes à balles des coupoles de 75. | | 07:00 | Le hommes du génie de Lovinfosse se mettent à la tâche pour obstruer la brèche dans le mur de contrescarpe au saillant III pulvérisé hier. On constitue un barrage de mines anti-char puis d'un réseau normal de 4 rangées de fils de fer barbelés et enfin d'un lacis aboutissant au mur de contrescarpe et fixé à celui-ci de part et d'autre de la brèche. | | 08:00 | Le fort est bombardé par rafales irrégulièrement espacées. |
| 09:30 | Sortie de 2 patrouilles Lt Mans, sdt Grevesse, sdt Levecque, mdl Ghislain et 2 soldats. | | 11:00 | Le PO cuirassé signale qu'un de nos patrouilleurs vient de tomber à l'embranchement de la route militaire avec la route Barchon-Housse. | | 11:30 | Rentrée des deux patrouilles. Grevesse a été touché quand la patrouille a été mitraillée par des Allemands nichés dans le clocher de l'église de Barchon et dans la ferme Rousseau. Le lieutenant Mans et le mdl Ghislain sortent de nouveau pour tenter d'aller rechercher le soldat Grevesse. Ils n'arriveront pas à le ramener mais ils pourront constater son décès. | | 12:30 | Tirs sur le clocher de l'église de Barchon et sur la ferme Rousseau. Les deux bâtiments brûlent. | | 14:00 | Tirs des 2 coupoles de 75 sur une colonne de camions qui gravit le thier de Troisfontaines à Blegny. | | 15:00 | Inspection du fort par le commandant. Il constate que les fossés diamant des coffres sont comblés jusqu'aux embrasures basses. Une équipe est mise à la tâche pour remettre le dispositif en état. | | 19:00 | Les avions qui bombardent les forts se ravitaillent à l'ancien aérodrome d'Ans. Ordre de tir est donné à la coupole de 150 de 20 à 22 heures. |
| Les citations du jour vont au lieutenant Mans et au mdl Ghislain. |
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Jeudi 16 mai 40 03:00 | Les Allemands rampent dans les campagnes autour du fort. Certains sont déjà sur les glacis. Les coupoles de 75 tirent des boîtes à balles. La coupole mi/lg tire également. | | 04:00 | Le calme est revenu mais le fort reste en alerte. | | 04:30 | Sortie d'une patrouile. | | 05:00 | La patrouille du mdl Appeltants rentre. Les Allemands se sont retirés dans Housse. La radio reçoit le message du Roi Léopold III \"Colonel Modart, Commandants des forts, officiers, sous-officiers et soldats de la PFL, résistez jusqu'au bout pour la Patrie. Je suis fier de vous. | | 08:00 | Le commandant réunit ses hommes dans la galerie centrale et leur donne lecture du message royal. Le moral est intact comme au premier jour et l'émotion est intense et mêlée de fierté. | | 08:30 | L'abri AC1 signale une colonne de 200 hommes qui descend la route Haccourt-Vivegnis. La tête de la colonne arrive à la ferme Duchene. S'ensuit un tir des 2 coupoles de 105 dans cette direction. La colonne est dispersée et il y a de lourdes pertes chez l'ennemi. |
| 09:27 | Tir sur l'aérodrome d'Ans. | | 09:45 | Tir de la coupole 150 droite. Ce tir doit se prolonger jusque 12h. | | 11:00 | Tir sur une batterie ennemie installée près de la maison de l'Embarras à Trembleur. Tir des 2 coupoles de 75. Il y a des pertes chez l'ennemi. | | 16:00 | Début d'un violent bombardement sur le fort. Les obus ont un calibre de 305 et plus. | | 19:00 | Le fort est toujours pilonné par des obus de très gros calibre. | | 21:00 | Le bombardement diminue en intensté pour cesser bientôt complètemùent. | | 21:32 | Tirs sur Withuis et sur Riemst. | | 22:00 | Incident de tir à la coupole de 150 droite. Le plateau de direction a sauté. Depuis le bombardement du 14 mai, cette pièce n'est plus en équilibre, toute la coupole ayant été ébranlée. A chaque coup, ce déséquilibre se répercute sur les organes les plus délicats amenant petit à petit le cisaillement des goujons du plateau de direction. |
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Vendredi 17 mai 40 02:30 | La coupole de 150 droite est à nouveau en état de tirer. |
| 03:15 | Nouvel incident à la coupole de 150 droite. Les goujons sont à nouveau cisaillés. | | 03:30 | Le 2 coupoles de 105 tirent sur Withuis. | | 05:00 | Début d'un bombardement d'artillerie avec des pièces de tous calibres. Ce bombardement ne s'arrêtera qu'à 10h30. | | 11:25 | Bombardement par avions en piqué. | | 12:05 | Fin du bombardement. | | 13:10 | Nouveau bombardement par avions Stukas. 124 Bombes exploseront au cours de cette action. | | 14:00 | Fin du bombardement. Une bombe est tombée à l'aplomb du sas d'entrée et la porte est coincée. Il n'est plus possible de sortir du fort de ce côté. | | 14:02 | Tirs sur Withuis et sur Riemst. | | 14:20 | Les Stukas sont de retour et le pilonnage du fort dure pendant 20 longues minutes. Le commandant sort du fort pour inspection et note ce qui suit. Les parois du sas d'entrée sont à moitié écroulées. L'aspect des fossés est à peine reconnaissable. Ils sont remplis de monticules de terre de 2 à 3 mètres de hauteur. Les fossés diamant sont remplis de terre durcie jusqu'au-dessus des embrasures des coffres de la courtine. S'il y avait une attaque d'infanterie sur le fort, les coffres de gorge seraient dans l'impossibilité de tirer. Nous mettons une équipe à l'ouvrage pour créer, à l'aide de pioches et de pelles, des couloirs de tir.
Ce travail est souvent interrompu par les aviateurs allemands qui viennent mitrailler les hommes. Cet après-midi se passera heureusement sans perte d'homme. Même spectacle dans la rampe d'accès. Des monticules de terre recouvrent les chevaux de frise. La défense de la rampe d'accès est compromise. Les murs du coffre d'alerte se sont écroulés en grande partie. L'armature du béton est à nu. Le mur avant d'escarpe est sur le point de s'écrouler. Les murs d'escarpe de la courtine sont complètement démantelés. Tout est en ruine, tout est fissuré à l'intérieur et à l'extérieur du fort. Une énorme fissure s'est creusée dans le puits du monte-charge de la galerie du saillant I et elle se prolonge jusqu'à la galerie des munitions à plus de 20 mètres sous le sol. Les plus grandes destructions ont été portées à la contrescarpe. Tout le mur de gorge est fissuré. Certaines fissures permettent l'introduction de 4 doigts. Le pont sous la poterne est coincé dans son logement. | | 15:22 | La tour d'air signale que les Allemands sont installés à proximité de la ferme Nanet (Couvelence) et tirent dans les embrasures de la tour. Tirs de 75 sur la ferme Nanet. Un blessé à la tour. Le soldat Willems a le font et le nez éraflé par une balle. | | 17:30 | Nouveau bombardement par avions. | | 17:45 | Nouvelle escadrille d'avions attaque le fort. Cette fois les avions lachent des paquets qui s'ouvrent en touchant le sol et dégagent une épaisse fumée noire. |
| 18:05 | Le vent chasse un peu la fumée vers Housse. | | 18:46 | Une batterie tirant sur Pontisse est découverte à Sabaré (Cheratte Hauteurs) et réduite au silence par la coupole de 105. | | 19:30 | Des observateurs allemands au couvent de Blegny. Tirs des deux coupoles de 105 sur cet objectif. Le couvent est en feu. Fin du tir. | | 22:00 | On assiste à une série de tirs d'armes automatiques. Dans son journal de campagne, le commandant Pourbaix note: \"L'enthousiasme, le courage des hommes de Barchon n'a pa faibli. Nous sommes prêts pour un long siège, décidés à lutter jusqu'à l'extrême limite de nos forces\". |
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Samedi 18 mai 40 06:10 | Dès l'aube, le fort est bombardé par des obus de tous calibres, les plus gros étant de 305 ou de 350. Mais les armes à obus de rupture, placées dans les tranchées et abris creusés par l'infanterie belge, eurent des résultats décisifs dans la destruction des organes de tir
Le brigadier Raemaekers est blessé au visage et reprendra son poste d'observation après avoir été soigné à l'infirmerie. | | 06:15 | Tirs de la coupole de 75 sur la ferme Nanet. |
| 06:30 | Un gros obus de rupture frappe la coupole de 105 droite. Cette coupole est détruite et on y relève 4 blessés: le mdl Mertens, blessé au bras, le sdt Grandry, blessé à 3 endroits, le sdt Lemmens, blessé au visage et le sdt Mellemans, blessé aux jammbes. | | 07:15 | Le Lt Jungling s'installe au PO cuirassé d'où il va diriger les tirs des coupoles restantes. | | 07:30 | Destruction d'une batterie ennemie installée sur le terrain de football de Housse par la coupole de 75 du saillant III commandée par le 1mdl Danthine. | | 09:00 | Les tirs ennemis à obus de rupture et à balles anti-tank ont repris contre les embrasures de la tour d'air. | | 09:10 | Tirs de la coupole de 75 du saillant I sur les fermes Mohring et Nanet. Fin du feu ennemi. 2 Blessés à la tour d'air: le sdt Bourdouxhe, blessé à la jambe gauche et le bgd Deprez qui mourra d'une balle anti-chars de 20mm dans les reins. Il sera la quatrième victime du fort de Barchon. | | 09:40 | Nouveau bombardement par avions. | | 10:14 | La coupole de 75 du saillant III neutralise une section de mortiers installés au carrefour Maréchal. | | 10:15 | Tirs de la coupole de 75 droite sur Riemst. |
| 11:15 | Tirs des derniers obus de 105 sur une batterie ennemie installée au charbonnage de Trembleur. Cette batterie est détruite. | | 11:45 | Neuvième bombardement par avions. | | 12:00 | Le bombardement continue avec la même violence. Les défenseurs du fort estiment qu'environ 4000 obus sont tombés sur le fort depuis l'aube. | | 12:15 | Des parlementaires se présentent au fort. Le commandant Pourbaix, accompagné pare le lt Jungling les reçoivent. Les Allemands demandent à parler au major ou au colonel du fort. Après mise au point, voici intégralement relaté le récit de cette entrevue. Parlementaires allemands: \"Nous sommes des parlementaires officiellement désignés par le général de Division pour venir vous demander la reddition de votre fort. Nous sommes chargés de vous dire que les troupes allemandes qui se trouvent devant le fort sont remplies d'admiration devant votre courage et votre ténacité au cours des 7 jours écoulés du siège. Mon général affirme que la garnison du fort recevra les honneurs de la guerre et que les officiers pourront conserver leur épée, et qu'aucun officier du fort ne sera fusillé. Nous avons rassemblé autour de ce fort des quantités considérables d'artillerie et des moyens de destruction tels que toute résistance de votre part est désormais imposible et inutile. Vous devez vous attendre à être bombardés dorénavant par obus et bombes de tous calibres d'une manière continue. Nos grosses pièces d'artillerie n'ont fait jusqu'à présent que régler leurs tirs. Dès qu'elles passeront à la destruction, votre situation deviendra rapidement intenable\".
Commandant Pourbaix: \"Je ne rends pas le fort\".
Parlementaires allemands: \"Rendez vous bien compte de votre situation qui est désespérée. Je vous demande de vous retirer quelques instants dans votre fort et de prendre l'avis de tous vos officiers\".
Commandant Pourbaix: \"Je ne rends pas le fort. Nous nous défendrons jusqu'à l'extrême limite de nos forces\".
Les parlementaires s'en vont et les deux officiers rentrent dans le fort. Le Conseil de Défense est réuni. Il se compose du commandant Pourbaix, du lieutenant Jungling, du lieutenant médecin Dessart et du lieutenant Mans (le plus jeune officier). Le commandant communique à ses hommes la réponse qu'il a faite aux Allemands. Le moral des hommes du fort de Barchon est bon. | | 13:15 | Le bombardement a repris violemment avec des obus de tout gros calibre. | | 13:45 | Suite au bombardement, la coupole de 75 du saillant III est hors service. | | 14:15 | Le bombardement ne cesse pas. | | 14:30 | Le bombardement diminue en intensité. Le PO Cuirassé signale qu'il y a des Allemands sur les glacis et dans les champs environnants. Tirs de la dernière coupole de 75 du saillant I avec boîtes à balles. La coupole mi/lg effectue sa mission de barrage, mais cette coupole tourne très lentement (45 minutes pour un tour complet). Dans la coupole de 75 du saillant I, le soldat Lizin est blessé au front d'un éclat d'acier. |
| 17:00 | Ces deux organes, restant pour la défense rapprochée, sont toujours en activité. Un trou subsiste néanmoins dans le système de défense entre le champ de rails et le saillant III. C'est précisément à cet endroit que le mur de contrescarpe a été éventré le 14 mai. C'est le point faible de la défense. | | 17:15 | L'avance de l'infanterie allemande a cessé. | | 17:20 | Le commandant demande l'aide des forts de Pontisse et d'Aubin-Neufchâteau. Pas de réponse donnée à son appel. Survient un bombardement par obus de rupture sur la coupole de 75 du saillant I et sur la coupole mi/lg. Ces deux coupoles doivent être évacuées. Le fort n'a donc plus d'autres défenses que les fusils-mitrailleurs des fossés. Les coffres des fossés subissent une attaque au lance-flammes qui projettent un liquide enflammé dans les embrasures. De petits canons à obus de rupture tirent également dans les embrasures depuis le glacis du saillant III. Le soldat Lemoine est blessé à la face par une balle entrée par une embrasure du coffre de tête. | | 18:00 | Les Allemands ont pris pied sur le massif central du fort et un fantassin allemand y a planté un drapeau à croix gammée. Le Conseil de Défense se réunit et décide de rendre le fort. Lorque toutes les destructions sont opérées, les vaillants défenseurs du fort de Barchon sortent par la tour d'air après 9 jours de siège. Les hommes sont placés par rangs de 3 sur la route militaire le long des glacis où se trouvaient des mitrailleuses braquées sur eux. C'est là qu'ils pourront voir que, aussi bien le fort que les environs sont remplis d'Allemands. Environs 1500 hommes ont participé à l'attaque finale. C'est à ce moment que le colonel Von Mayer remettra au commandant Pourbaix son sabre afin d'honorer la vaillance des défenseurs du fort. Plus de 50000 cartouches et 11000 obus auront été tirés par les Belges. Quatre de ces braves auront laissé leur vie et 22 blessés seront évacués. Pour tous, un nouvel épisode allait commencer. Il durera 5 ans, c'est la captivité en déportation. Les troupes allemandes qui ont attaqué le fort de Barchon et le fort d'Evegnée étaient commandées par le colonel Von Mayer. C'értait le 344ème Régiment d'infanterie. Le major Mokel s'occupait du siège de Barchon. | | Le 20 novembre 1946, le général-major Bouloffe, Président de la Commission des Forts, propose que le fort de Barchon soit cité à l'ordre du jour pour le motif suivant: \"Sous la conduite énergique et décidée de son commandant le capitaine-commandant Pourbaix, le fort de Barchon a opposé à l'ennemi une résistance héroïque de tous les instants. Malgré un bombardement d'artillerie de plusieurs jours et neuf bombardements d'avions en piqué, son personnel d'une combativité admirable a repoussé plusieurs attaques ennemies. Il a succombé le 18 mai après un assaut furieux de l'ennemi qui était parvenu à annihiler complètement les moyens d'action du fort et de son personnel\". |
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