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Avis de recherche



[b27]           

Barchon entre deux guerres [75]

En 1926 déjà, le Ministre de la Défense Nationale, le Comte de Broqueville, chargea une commission d'étudier la fortification de la Belgique. En 1927, une nouvelle commission, composée de politiciens et de militaires, étudia une nouvelle stratégie des fortifications. En 1928, les premiers crédits furent alloués.

La PFL (Position fortifiée de Liège) dépendait du IIIème Corps d'Armée et elle était structurée de la manière suivante

  • La PFL 1 (premier front) comportait 4 nouveaux forts à savoir Aubin-Neufchâteau, Battice, Eben-Emael et Pepinster-Tancrémont ainsi que de 179 fortins. Deux autres forts étaient prévus à Sougné-Remouchamps et Comblain-au-Pont. Des plans ont été réalisés, des forages effectués mais les forts n'ont pas été construits. Il faut noter que le fort d'Eben-Emael dépendait techniquement de la PFL mais administrativement du Corps d'Armée du Limbourg.
  • La PFL 2 comportait les 6 forts réarmés de Barchon, Boncelles, Chaudfontaine, Embourg, Evegnée et Fléron ainsi que 61 fortins d'intervalle.
  • La PFL 3 comportait 42 fortins qui défendaient la Meuse entre Visé et Angleur
  • La PFL 4 était composée des 2 forts réarmés de Pontisse et Flémalle sur la rive gauche de la Meuse ainsi que de 50 fortins d'intervalle.
  • Les 3 anciens forts de Hollogne, Lantin et Liers furent transformés en dépôts de munitions. Le fort de Loncin était une nécropole et n'aurait pas pu être réutilisé.

La PFL comprenait donc 4 nouveau forts, 8 forts réarmés et 332 fortins d'intervalle. Le budget des travaux était estimé à 360 millions de francs de cette époque ou 7 milliards de francs actuels ($200,000,000). Il faudra 3 fois plus pour réaliser les travaux. La PFL sera successivement commandée par le colonel WILLEMAERS (1927), le colonel MOZIN (1930) et le colonel MODARD (1936).

Reconstruction du fort de Barchon

Les travaux commencèrent en 1930. Le fort était alors sous les ordres du commandant PLISNIER.

  1. Renforcement de la structure

    Certains locaux furent renforcés en utilisant les anciens locaux de 1914. On construisit des plafonds en béton armé et des voûtes en tôle ondulée galvanisée pour récupérer l'eau de condensation. Les locaux renforcés furent: le corps de garde de temps de guerre, les coffres flanquants, le bureau de tir, le bureau du commandant, le local radio et téléphone, l'atelier de réparation, les locaux de désinfection, 4 chambres pour le service de santé, 4 chambres pour la troupe, la galerie principale et le couloir d'accès aux coupoles de 75 (saillant 1 et 3). Quelques chambres ne furent pas renforcées. Les locaux inutilisés furent remblayés.

    Des galerie bétonnées furent creusées sous le massif central pour former le "quadrilatère" qui servit de dépôt pour les munitions des 5 grosses coupoles, d'accès vers ces coupoles et vers les autres organes du fort. Les anciens couloirs et la salle de rassemblement furent condamnés.

    Le renforcement des anneaux de coupoles fut réalisé en béton armé de 4m de largeur sur 2,5m d'épaisseur.

    Une tour d'air fut construire à 400m à l'arrière du fort. Elle est reliée au fort par une galerie de 100x160cm. La tour sert à alimenter le fort en air frais, à la sortie des patrouilles et à la relève de la garnison. Le long de cette galerie située à 15m de profondeurs sont aménagés les locaux à fusées, la galerie pour les munitions de 75 avec ses 3 ascenseurs électriques, le puits d'eau, le local de pompage et un bureau de tir auxiliaire.

  2. Armement
    • L'armement à action lointaine comportait 2 coupoles pour un canon de 75 et deux coupoles pour 2 canons de 105.
    • L'armement à moyenne portée comportait 4 coupoles pour un obusier de 75.
    • La défense des glacis comportait 1 coupole avec 2 mitrailleuses et 4 lance-grenades.
    • La défense des fossés comportait 3 coffres avec 8 fusils-mitrailleurs et 4 projecteurs.
    • La défense de la poterne comportait 2 coffres avec 3 fusils-mitrailleurs et 2 phares.
    • La défense de la tour d'air comportait 8 fusils-mitrailleurs.
    • Le projecteur du massif central fut remplacé par une cloche d'observation.
    • 6 mitrailleuses contre avions étaient installées dans la prairie en face de l'entrée du fort.
    • Il y avait 9 fusils-mitrailleurs en réserve.

  3. Équipement

    L'électricité était fournie par deux générateurs mus par des moteurs diesel CARELS de 130 chevaux. Une citerne de 7000 litres de fuel, située dans le même local, assurait une autonomie de 230 heures de fonctionnement. Le réseau électrique était prévu pour fonctionner dans des locaux humides.

    Un groupe hydrophore permettait l'alimentation en eau potable.

    2 abris bétonnés extérieurs et 7 observatoires de campagne étaient reliés au fort par réseau téléphonique. Le fort était relié au réseau civil et militaire.

    2 locaux radio assurait les communications sans fils.

    La ventilation forcée de l'ouvrage était assurée par un moteur électrique de 40 chevaux capable de brasser 27000 mètres cubes d'air par heure. Un filtre à air pouvait équiper la tour d'air.

  4. Hygiène et santé

    En plus des latrines prévues par Brialmont dans les locaux de contrescarpe, on construisit des latrines dans l'escarpe. Ces latrines donnaient dans une fosse en sous-sol. La fosse pouvait être vidée par une trappe munie d'un couvercle hermétique.

    L'infirmerie, la salle d'opération et deux chambres pour blessé furent aménagées dans les locaux renforcés du saillant 1.

  5. Garnison

    En 1940, la garnison, sous les ordres du commandant POURBAIX se composait de 10 officiers, 3 médecins, 1 aumônier, 53 sous-officiers et 221 soldats. Trois officiers et 220 hommes constituaient l'équipe de relève qui était casernée à Wandre.

  6. Installation d'un pigeonnier

    Un pigeonnier fut installé au-dessus de l'entrée d'escarpe. Les pigeons acheminèrent de précieux renseignements sur les positions occupées par l'ennemi.

  7. Logement

    En temps de paix, des locaux en bois aménagés près de l'entrée de fort, hébergeaient la garnison et les services administratifs.

    En temps de guerre toute la garnison devait trouver place dans les 4 chambres renforcées et dans les anciennes chambres de 1914. Des couchettes rabattables étaient fixées aux murs dans les couloirs.

  8. Cuisine et nourriture

    En temps de paix, l'ancienne cuisine de contrescarpe fournissait des repas chauds à la garnison. La cuisine était ravitaillée par l'intendance à Liège. L'eau provenait du réseau de distribution civil.

    Dès le début de la guerre, la petite cuisine aménagée dans les locaux d'escarpe fournissait le café chaud et la soupe qui amélioraient les rations de guerre. L'eau était fournie par le puits du fort.

  9. Loisirs

    En temps de paix uniquement et après le service, la cantine était très fréquentée.

    Une équipe de football composée exclusivement d'hommes de la garnison remporta de nombreuses victoires contre les équipes civiles des environs.

    Un orchestre composé de soldats du fort anima de nombreuses soirées dansantes dans les environs du fort.

Le 10 mai 1940, l'armée allemande envahit le territoire de la Belgique et le fort se prépare aux affrontements.

 
 

          
Jean Puelinckx - Luc Malchair©   2002 - 2014