Chercher  
Index de la fortification francaise 1874 - 1914
Index de la fortification francaise 1874 - 1914
iff.fortiff.be
iff.fortiff.be

Accueil

Aquitaine
Basse-Normandie
Bourgogne
Bretagne
Champagne-Ardennes
Corse (la)
Franche-Comté
Haute-Normandie
Ile-de-France
Languedoc-Roussillon
Lorraine
Midi-Pyrénées
Nord-Pas-de-Calais
Pays de la Loire
Picardie (région de)
Poitou-Charentes
Provence-Alpes-Côte d'Azur
Rhône-Alpes
   01 Ain
   26 Drôme
   38 Isère
   69 Rhône
   73 Savoie
      Albertville (carte)
      Albertville (place d')
      Bourg-Saint-Maurice (carte)
      Bourg-Saint-Maurice (place de)
         Courbaton (batteries du)
         Courbaton (magasin du)
         Desserteaux (baraquement capitaine)
         Deux mille (fort des)
         Leuchelet (batterie du)
         Pain Perdu (ouvrage de la crête de)
         Platte (blockhaus de la)
         Redoute Ruinée (ouvrage de la)
         Roc Noir (batterie du)
         Têtes (batterie des)
         Truc (fort du)
         Vulmix (batterie de)
      Chamousset (carte)
      Chamousset (place de)
      Chamousset-Châteauneuf (position fortifiée de)
      Lanslebourg-Mont-Cenis (place de)
      Modane (carte)
      Modane (place de)
      Saint-Michel-de-Maurienne (place de)
Outremer

Glossaire
Armement
FortifàLire



[v88]          

Vulmix (batterie de) [16]

Place de Bourg-Saint-Maurice, OSO de la ville, 1890-1891(1893 ?). 1065 m/alt. Elle interdisait la route du col du Petit-Saint-Bernard en collaboration avec le fort du Truc et le blockhaus de la Platte. Elle a une forme trapézoïdale. Les fronts de tête et latéraux ont un fossé défendu par des coffres de contrescarpe (simple au saillant II et double au saillant III), tandis que la gorge reprend une défense tombée en désuétude depuis l’avènement du système polygonal, soit une caponnière double dans l’axe du pont-levis avec passage sur son ciel. Chose rare, l’accès aux coffres est en puits. Les fossés ne sont pas revêtus et tant escarpe que contrescarpe sont en terre croulante. En fond de fossé, il subsiste une grille défensive sur laquelle vient singulièrement butter un passage couvert pourvu d’un escalier rampe. Cette grille est donc postérieure aux plans initiaux et date certainement de la réorganisation de 1914-1916. L’entrée d’escarpe est légèrement en retrait ce qui permet à la caponnière d’occuper toute la largeur du fossé. Le pont-levis à bascule en dessous et son mécanisme sont en très bon état. En 1914, la batterie de Vulmix est probablement l’ouvrage le plus moderne des Alpes. L’intégralité de son artillerie était sous casemates bétonnées. Son armement consistait en 6 canons de 120 et 2 autres de 95 mm, le tout réparti par paires dans les 4 casemates. Ses flancs sont bardés de deux tourelles de mitrailleuses (saillants I et IV) lesquelles n’ont pas d’observatoire cuirassé. Un unique observatoire, bétonné et agissant pour l’ensemble des casemates, est implanté entre les casemates 3 et 4. Son puits d’accès ne laisse cependant aucun doute, un observatoire cuirassé devait être installé et la guerre est survenue avant qu’on ait eu le temps de le faire. Cette casemate n° 4, par sa configuration, nous a interpellé. On y trouve tous les ingrédients d’une casemate de Bourges, l’aspect tradittore (quoique sa mission de flanquement des batteries du Courbaton ne fait aucun doute) et le décalage des chambres de tir en moins. Un projet d'implantation d'une tourelle Galopin Mle 1890 pour 2 canons de 155 longs restera sans suite. Sur les glacis, à quelques dizaines de mètres du saillant IV, on trouve une casemate bétonnée pour un projecteur de 120 cm, casemate comprenant aussi l’abri de jour du projecteur. Curieusement, il n’y demeure aucune trace d’un quelconque volet blindé coulissant. Un plan des dessous, mis à jour le 01-06-1974, situe l’usine électrique en sous-sol de la casemate pour les 2 canons de 95 mm, soit sous le front III-IV, mais, sur place, rien n’autorise à le confirmer. Ce qui frappe le visiteur à Vulmix est qu’il ne s’y trouve pas le moindre local "de vie". Pas de casernement, pas de cuisine, pas de four à pain ni même de latrines ; cette singularité a poussé le signataire du plan de 1974 à évoquer les locaux latéraux des trois premières casemates comme étant des abris pour les servants alors qu’il s’agit de soutes à munitions. Or, d’après une étude, en 2006, du sergent-chef BICORNE, du 7ème B.C.A., les baraquements à l’arrière de la batterie ne seront érigés qu’à partir de 1908 jusqu’en 1910. Durant l’hiver 1901-1902, le commandant du fort du Truc indique pourtant que ses approvisionnements lui proviennent de Vulmix… Où donc se trouve l’hiatus ? La première guerre mondiale surprendra la batterie en totale réorganisation. Une caserne bétonnée devait prendre place en fond de fossé à droite de l’entrée et un coffre occuper le saillant IV en remplacement de la caponnière devant l’entrée. Les casemates à canons doivent aussi dater de cette réorganisation et avoir tout simplement remplacé une alternance de plates-formes de tir et de traverses-abris. En fait, les informations sur cette batterie au moment de sa construction sont (jusqu’ici) inexistants. Chose très particulière, elle est probablement le seul ouvrage de montagne où nulle part on n’aperçoit un morceau de rocher, pas même au fond des fossés ! En août 1914, les terrassements pour la caserne ayant déjà été effectués, on remédia le plus vite possible à cette brèche en construisant un simple mur au-dessus de la partie droite de la gorge. La constante occupation militaire de la batterie lui a évité les désagréments habituels tels que les tags ou, surtout, les ferraillages. C’est ainsi qu’en sous-sol de la casemate n° 3, un atelier de l’artillerie conserve un splendide spécimen de pont roulant fabriqué aux aciéries de Longwy. Les portes métalliques des soutes latérales des casemates 1 à 3 portent toujours la marque de leur fabricant "serrurerie CHEVASSU Bourg-St-Maurice" et les tourelles de mitrailleuses ont encore leur ventilateur des ateliers Air & Feu à Argenteuil. Par décision ministérielle du 25 mars 1924, l’armement comprendra désormais 2 canons de 155 L Mle 1877 et 4 canons de 155 C Schneider ainsi que les 2 canons de 95 mm et les deux tourelles de mitrailleuses. Nous ne pouvons être catégoriques quant à l’installation effective de cet armement dans les casemates, mais force est de constater que les casemates 2 et 3 on subi des modifications pour accueillir des affûts pourvus de bêches fixés sur un genre de plate-forme Arbel, donc à pivot antérieur. Les modifications de la casemate 2 ne sont pas identiques à celles de la casemate 3. Les seuls locaux de la gorge sont en sous-sol, et on y accède par un escalier s’ouvrant à gauche dans le porche de l’entrée. Ces escaliers contournent l’espace d’un monte-charge dont il subsiste le treuil au niveau inférieur. Nous sommes alors au niveau des locaux concernant les munitions et leurs charges propulsives. Une ligne montre quatre locaux dont la porte était surmontée d’un créneau à lampe. Ces créneaux ont été rebouchés et remplacés par d’autres situés dans une de leurs encoignures (exactement comme on peut l’observer dans les magasins sous roc des forts du Truc et du Mont). Ce remaniement conduira à placer ici, côte à côte, deux créneaux éclairant deux locaux contigus ; disposition rare si pas unique. Dans le second de ces locaux qui n’étaient autres que des ateliers de chargement et dépôts de projectiles, un central téléphonique typique de l’Entre-deux-guerres nous est parvenu. À la suite de cet alignement se trouve un magasin à poudre. Détail remarquable, si les vitres des créneaux ont disparu, tous leurs éléments métalliques, fumivores compris, sont encore là. Un état des lieux daté du 11 juillet 1934 fait état, sur les glacis, de 12 baraques en maçonneries pour le logement plus 5 baraques accessoires. Aujourd’hui (06/2006), le 7ème B.C.A. utilise toujours la batterie comme dépôt de munitions et sa visite est interdite. Parfois mentionnée avec son ancienne orthographe : "Vulmis". Le 7 B.C.A., selon la nouvelle carte militaire dévoilée en juillet 2008, quittera Bourg-Saint-Maurice courant 2011. Nous ignorons quel sera alors le sort de la batterie.

Cité dans :

 
 

 
 

 Mentions légales      Vos données personnelles          

Comité de sauvegarde du Patrimoine historique du Fort de Hollogne - Luc Malchair - Marco Frijns - Jean-Jacques Moulins - Jean Puelinckx©   2002 - 2014